Les marchés européens chutent face aux tensions commerciales sino-américaines

Les Bourses européennes ont terminé dans le rouge hier, plombées par les craintes d'une escalade des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis. Le CAC 40 a perdu 1,2% tandis que Wall Street résistait mieux grâce aux valeurs technologiques.

Les marchés européens sous pression

La séance d'hier a été marquée par une forte volatilité sur les places européennes. Le CAC 40 parisien a clôturé en baisse de 1,23% à 7 456 points, entraîné par la chute des valeurs automobiles et industrielles. L'indice allemand DAX a perdu 1,45%, particulièrement affecté par les craintes concernant les exportations vers la Chine.

Cette baisse s'explique principalement par les déclarations de responsables américains évoquant de possibles nouvelles restrictions sur les exportations de technologies vers la Chine. Les secteurs les plus exposés au commerce international ont été les plus touchés, avec Stellantis qui a chuté de 3,2% et Airbus de 2,8%.

Du côté des valeurs qui résistent, les services financiers ont mieux tiré leur épingle du jeu. BNP Paribas a même gagné 0,4% après l'annonce de résultats trimestriels supérieurs aux attentes, portés par une activité de trading dynamique.

L'inflation américaine au cœur des préoccupations

Outre-Atlantique, les investisseurs attendent avec impatience les chiffres de l'inflation américaine qui seront publiés aujourd'hui. Ces données seront cruciales pour anticiper la politique monétaire de la Réserve fédérale lors de sa prochaine réunion.

Les économistes s'attendent à une légère hausse de l'inflation mensuelle, ce qui pourrait conforter la Fed dans une approche prudente concernant les baisses de taux. Le dollar s'est d'ailleurs renforcé hier face à l'euro, qui est repassé sous le seuil de 1,05 dollar.

Cette situation met une pression supplémentaire sur la Banque centrale européenne, qui doit gérer une croissance économique fragile en zone euro tout en surveillant les évolutions monétaires américaines.

Le secteur énergétique en forte hausse

Paradoxalement, le secteur énergétique a brillé hier avec une progression généralisée des cours du pétrole et du gaz. Le baril de Brent a gagné 2,3% pour s'établir à 73,8 dollars, soutenu par des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et des stocks américains en baisse.

TotalEnergies a profité de cette dynamique avec un gain de 1,8%, tandis que les compagnies gazières européennes ont également progressé. Cette hausse des prix énergétiques inquiète toutefois pour son impact potentiel sur l'inflation européenne, déjà surveillée de près par la BCE.

Le gaz naturel européen a bondi de 4% suite aux perturbations d'approvisionnement en provenance de Norvège, rappelant la fragilité énergétique du continent.

Les cryptomonnaies retrouvent des couleurs

Après plusieurs semaines difficiles, les cryptomonnaies ont retrouvé le sourire hier. Le Bitcoin a franchi la barre des 44 000 dollars, en hausse de 3,2%, tandis qu'Ethereum progressait de 2,8%.

Cette remontée s'explique par plusieurs facteurs : l'approbation probable de nouveaux ETF Bitcoin aux États-Unis et l'intérêt croissant des investisseurs institutionnels pour les actifs numériques. Les volumes d'échange ont nettement augmenté, témoignant d'un regain d'intérêt pour cette classe d'actifs.

Cependant, les analystes restent prudents et rappellent la volatilité inhérente à ces marchés, particulièrement sensibles aux annonces réglementaires.

Actualités des entreprises françaises

Du côté des entreprises hexagonales, Carrefour a annoncé un plan d'investissement de 500 millions d'euros sur trois ans pour accélérer sa transformation digitale. Le distributeur mise sur le e-commerce et l'automatisation de ses entrepôts pour faire face à la concurrence d'Amazon et des enseignes discount.

Vivendi a de son côté confirmé son projet de scission, qui verrait la création de trois entités distinctes : Canal+, Havas et une société regroupant les autres actifs. Cette restructuration vise à libérer de la valeur pour les actionnaires et permettre à chaque branche de mieux se développer.

Ces mouvements stratégiques illustrent l'adaptation nécessaire des grands groupes français face aux mutations de leurs secteurs respectifs, entre digitalisation accélérée et recomposition des marchés.

Cette journée de volatilité rappelle combien les marchés restent sensibles aux enjeux géopolitiques et monétaires, dans un contexte où les investisseurs naviguent entre espoirs de reprise et craintes d'escalade des tensions commerciales.

Sources : Les Échos, BFM Business, Reuters

Les données chiffrées, taux et cours mentionnés dans cet article sont indicatifs et datent du 19/05/2026. Ils peuvent avoir évolué depuis.

Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Consultez un conseiller financier agréé pour toute décision d'investissement.

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